Romans contemporains

Les mondes de Sam – Keith Stuart

Résumé:

Le pédiatre nous a annoncé que Sam se situait dans la partie haute du spectre de l’autisme. Les moins atteints. Il a des difficultés de langage, redoute les interactions sociales, déteste le bruit, et devient agressif quand il a peur. Mais le message est clair : nous ne sommes pas à plaindre par rapport à d’autres parents.
Avant, Alex et Jody s’aimaient. Mais leur couple est mis à rude épreuve depuis la naissance de Sam. Leur fils, atteint d’autisme, n’est pas un enfant comme les autres. À force de fuir ses responsabilités de père, Alex condamne Jody à porter un fardeau trop lourd, et la séparation devient inévitable. Du jour au lendemain, il se retrouve au chômage, à squatter le canapé de son ami Dan, et se sent totalement démuni quand il doit assumer la garde de son fils. Mais ce dernier va l’initier à un jeu vidéo qui va l’aider à se sortir de cette impasse : Minecraft. Ensemble, ils vont poser les bases d’un autre monde et d’une relation nouvelle.


Mon avis:

Il y a des moments où, las des thrillers et autres romans imaginaires, j’ai envie de lire une belle histoire, qui me fera passer par tout un panel d’émotions. Un peu comme ces moments où l’on a juste envie de s’installer sous une couette, avec un chocolat chaud et regarder pour la énième fois cette comédie romantique américaine dont on sait que l’on aura besoin d’un mouchoir à portée de main, mais qui fait tout de même du bien au moral.

N’en déplaise aux détracteurs, et comme le démontrent plusieurs études à ce sujet, les jeux vidéo ne rendent pas les enfants ou adolescents plus agressifs. Ceux-ci peuvent même potentiellement être bénéfiques pour des patients souffrant de troubles mentaux. C’est de ce partage créatif avec son fils atteint d’autisme à travers le jeu Minecraft que Keith Stuart s’est inspiré pour l’écriture du présent roman.

On y suit l’histoire de Alex et Jody, dont le fils Sam est atteint d’autisme. Le handicap de leur fils pèse lourd sur le couple, car Alex fuit ses responsabilités de père et Jody se retrouve seule à assumer le quotidien et Sam. L’inévitable se produit donc et le couple se sépare. C’est le début d’une chute vertigineuse pour Alex qui perd également son emploi et se retrouve à squatter chez son meilleur ami, faute de mieux. Le temps est venu pour Alex de faire le point sur sa vie, ses erreurs et de faire les bons choix afin de pouvoir aller de l’avant et reconstruire sa famille qu’il a si longtemps négligée.

En lisant la quatrième de couverture ainsi que le début de ce roman, j’ai ressenti énormément d’antipathie pour Alex. Comment peut-il se désintéresser et fuir sa famille à un tel point ? Et ce n’est que justice que Jody ait décidé de mettre leur relation entre parenthèses et lui ait demandé de quitter le foyer familial ! Et pourtant, il sera, finalement, le personnage qui m’aura le plus touchée. En effet, au fur et à mesure que le personnage se dévoile, que l’on partage ses regrets, ses peines, ses doutes, on ne peut s’empêcher de prendre le temps de réfléchir et se dire : qui suis-je pour juger ? Si j’étais confronté à ce genre de situation, quelle serait ma réaction ? Est-ce que je serais de ces personnes qui assument, qui se montrent fortes ou serais-je plutôt comme Alex, une bombe à retardement émotionnelle, qui cherchera toutes les échappatoires possibles pour fuir une situation que je ne parviens pas à assumer ?

Jody, quant à elle, a sacrifié sa carrière professionnelle pour s’occuper de Sam qui requière une attention permanente. Bien que l’on ne puisse qu’éprouver de la compassion pour elle, elle sera tout de même le personnage qui m’aura le moins émue. Mais peut-on vraiment lui reprocher sa méfiance et sa froideur envers Alex et ses capacités à gérer leur fils, même durant quelques heures, lui qui n’a jamais été là pour l’épauler ?

Et puis il y a Sam, ce petit bonhomme introverti, qui n’a pas d’ami et qui a sa propre vision du monde et son propre schéma de vie auquel chacun doit se conformer sous peine de déclencher des crises de paniques. Mais grâce à Minecraft, un nouveau monde s’ouvre pour le garçonnet. Des liens forts se tissent entre Alex et Sam qui apprennent à se connaitre au fur et à mesure de leurs aventures virtuelles. Lui qui n’avait pas d’ami va apprendre à s’ouvrir aux autres et ses nouveaux amis apprendront également à interagir avec ce petit garçon différent.

Keith Stuart, du fait d’être confronté personnellement à l’autisme, livre un roman très réaliste et émouvant, mais dans lequel l’humour et les situations cocasses allègent l’atmosphère et arrachent plus d’un fou rire. Et son style simple et fluide en fait un roman accessible non pas uniquement à un public adulte, mais également à un public plus jeune qui pourra apprendre énormément de choses concernant ce handicap.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette touchante histoire et il m’a fallu un peu de temps avant de reprendre la lecture d’un nouveau livre tant je m’étais attachée à cette attendrissante petite famille et à Sam et Alex en particulier. C’est un vrai roman « feel good » qui fait du bien au moral et que l’on referme le cœur léger et le sourire aux lèvres.


Note : ★★★★☆

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